Coup d'introspection
Lewis Trondheim (le Grrrrand scénariste de BD et nouveau Grand Prix d'Angoulème 2006) me ressemble décidément beaucoup. A moins que ce ne soit moi qui lui ressemble. 
A la lecture de ses Carnet de Bord et d'Approximativement, je m'étais fait une idée assez précise du personnage. Surtout dans Approximativement. Idem dans Désoeuvré, son dernier ouvrage autobiographique à ce jour.
Mais là, en lisant une interview (bon, ok, elle date d'il y a longtemps, je suis tombé sur le cul ! Il dit exactement ce que je suis !
Morceaux choisis :
J’ai toujours été du genre timide, dans mon coin. Au CP déjà, on m’appelait " jardin secret ". Je ne disais rien. J’étais quand même pas un autiste, mais j’avais un ou deux camarades de classe, pas plus. J’avais du mal à me mettre dans les activités de groupe. Comme j’avais pas un tempérament très actif, à faire du sport, à bouger, je restais à la maison avec mes petits jouets, mes petits machins, je me faisais mes histoires - et je continue, apparemment.C’est peut-être pour ça que j’ai voulu faire des scénarios : pour pas m’embêter trop.
(...)
Je fais un complexe sur mes connaissances culturelles. J’ai lu énormément de livres de science-fiction, de littérature fantastique, mais je n’arrive pas à finir un classique. J’ai essayé de lire Balzac, Zola, Yoursenar, Sartre, Borges, mais ça me tombe des mains. Je préfère les auteurs américains : chez eux, ce qu’on raconte et l’esprit avec lequel on le raconte comptent davantage que le phrasé, le souci du bien écrit. Pour l’instant, c’est idiot, je n’arrive pas à assimiler le fait que chacun fait ce qu’il veut et que ne pas lire les auteurs classiques n’est pas forcément un signe d’inculture.
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J’aime me poser des contraintes. Je suis d’un tempérament assez ludique : quand on s’ennuie, on joue. Les contraintes, c’est un défi, un casse-tête à résoudre, ça passe le temps. (...) Ah, le con. Tout ça c’est la suite logique de ma jeunesse : je me provoque, je me force à faire ce que je n’aime pas, pour éviter de sombrer dans la facilité, l’apathie.
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Heureusement que je me suis lancé dans mes comics autobiographiques pour résoudre mes problèmes, sinon j’aurais dû m’allonger sur le divan d’un professionnel. (...) J’ai encore des problèmes à résoudre mais ça viendra au fur et à mesure. Rien n’est jamais réglé. Mais je fais des efforts.
J'aime bien les gens qui disent mieux que moi ce que je pense...