Coup d'esprit

Publié le par Bertrand

Il y a parfois des choses qu’on ne peut pas rater. Vous savez, le genre de choses qui réunit plein d’éléments que vous aimez. Par exemple, une glace aux marrons avec de la vanille et de la chantilly en plein été, sur une plage remplie de jolies filles. Oui, enfin, je parle pour moi, là, mais vous aurez saisi l’idée.

The Spirit est de ces choses inratables. Pourquoi ? Mais voyons ! Parce que c’est une adaptation de comics, qu’en plus, c’est de Will Eisner, que c’est réalisé par Frank Miller sur le même schéma esthétique que Sin City, et surtout – surtout – parce qu’il y a les deux plus belles femmes du monde au générique : Eva Mendes et Scarlett Johansson.

 

Moi, des trucs comme ça, je les attends avec ferveur !

 

Eh bien, plus dure en a été la chute !

Autant le dire clairement : ce film est raté, sous presque tous les aspects.

 

Tout d’abord, la réalisation « à la Sin City » n’est pas convaincante. En fait, ce n’est pas fait pareil. Là où Sin City imposait un noir et blanc radical, ponctué de couleurs flashy sur les principaux éléments, The Spirit hésite entre des couleurs ternes mais existantes et un noir et blanc parfois réussi. Le résultat est médiocre : on se dit que Miller n’a pas eu les moyens d’aller jusqu’au bout du noir et blanc pur, ou bien qu’il n’a pas osé.

Et pourtant ça commençait très bien ! On voit le Spirit sauter de toit en toit (oui, bon, là par contre ça casse le réalisme du film) en noir et blanc, avec seulement sa cravate rouge pétant qui vole au vent, et un superbe blanc sur les chaussures. « Wahou ! » se dit-on, avant de très vite déchanter.

 

L’histoire en elle-même est… euh… nulle. A vrai dire, on se demande si ce n’est pas seulement parce que c’est écrit par Frank Miller et qu’il est bankable en ce moment que le scénario a été accepté. C’est terrifiant ! Tout n’a ni queue ni tête, le scénario hésite entre une intrigue policière classique qui aurait pu être très bien, et la personnalité même du Spirit, ce qu’il est et ses relations avec son ennemi et les femmes.

Cette double problématique (qui est le Spirit / l’enquête) aurait pu être réussie si le Spirit avait été plus connu, ou si la construction de l’histoire avait été différente (à savoir présenter d’abord le personnage, puis l’intrigue). Mais là, on arrive pratiquement à la fin du film pour apprendre comment est apparu le héros. Résultat, on perd pied.


De plus, Miller fait beaucoup trop du Miller (comme le prouve l'affiche), à savoir le truc « cool » à la mode : violence, dialogues pour faire djeun’s et viril, et super gonzesses. Il en oublie tout ce qui fait la qualité du héros de Eisner : l’humour !

Chaque tentative d’humour n’est pas dans l’esprit (ah ah ah) du personnage et de la série. C’est un film sombre, avec quelques blagues bien viriles, bien noires, voire cyniques.

 

Rien à dire cependant de l’interprétation. Les acteurs jouent bien, conformément à ce qui a été demandé par Miller.

A la limite, seule Scarlett Johansson n’est pas convaincante. Un personnage bien creux, mais bon…

 

Non, il n’y a pas grand-chose à sauver de ce film…

Je vais sans doute surprendre peu de personnes, mais la seule chose que j’en retiendrai, c’est la performance d’Eva Mendes. Aaaaaaah, Eva !


Elle est vraiment magnifique. Et rien que pour voir furtivement ses jolies fesses, je ne regrette pas d’être allé voir ce film !

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Publié dans 400coups

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