Coup de coeur

Publié le par Bertrand


Mathias doit être un prénom un peu spécial...
Parce qu'il y a
Mathias, et aussi Mathias Malzieu. Qui c'est celui-là ? Ben c'est le chanteur du groupe Dionysos, voyons ! Et outre ses talents musicaux, il fait aussi preuve de talents d'écriture.
C'est moins flagrant sur "La mécanique du coeur" que sur "Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi", mais on retrouve son goût pour la musique. Ce côté musical est beaucoup plus prononcé sur le dernier livre, puisqu'il fait largement écho à l'album CD du même nom.
Quand on ne connaît pas les chansons, ça doit bien passer, mais là, à chaque phrase on se prend à chanter la chanson, et on perd un peu le fil, ce qui est un peu gênant.

Du coup, comme j'ai lu les deux livres, je ne sais pas trop par où commencer...
Bon, je vais prendre celui que j'ai lu en premier : "La mécanique du coeur".

Je n'ai pas grand chose à en dire, si ce n'est que sa lecture est un complément absolument génial au CD (et inversement). C'est à la fois la même histoire qui est contée, mais elle est en même temps complètement différente.
Là où le CD fait jouer l'ellipse dans le traitement de moments clés du récit (la naissance, l'opération, le hamster, le coup de foudre, le voyage en train, Joe, ...), le livre nous raconte ce qui se passe pendant ces "trous". Là où l'auditeur imaginera lui-même ce qu'il y a dans ces ellipses, Malzieu nous surprend en ajoutant des détails importants qui mèneront à la fin. Et quelle fin !
Et d'ailleurs... Quelle fin ? Car là encore, le CD diffère du livre. Je ne vous dit pas en quoi, parce que bon, faut vous donner envie de le lire jusqu'au bout !
Ca permet d'inscrire le CD dans sa propre logique, et aussi d'inscrire le livre dans tout ce qu'a développé Mathias avec Dionysos dans leur univers.
Tout interagit.

La preuve en est qu'on retrouve le personnage principal (Little Jack) de ce livre dans l'autre bouquin "Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi" (Giant Jack).

Dans ce premier roman (chronologiquement, mais 2e dans mon ordre de lecture... Je manque de logique), Mathias est le personnage principal. Il fait face à la mort de sa mère, et ça, c'est vraiment hard. Dès les premières pages, on est pris aux tripes. Il prend le temps (ce qui est rare) de développer ses sentiments, et privilégie cette mise en place à l'action du livre. On ne tombe jamais dans le pathos, bien que le sujet soit casse-gueule dans ce domaine. Il ne fait pas dans le misérabilisme, dans le "regardez comme je souffre". Il dit juste que sa mère lui manque, et que c'est pas juste. Et c'est dit d'une telle façon qu'il nous prend à la gorge. On se surprend à serrer le livre plus fort, à déglutir.
C'est difficile de dire que c'est une belle histoire, parce qu'elle ne l'est pas. C'est pas juste, ça craint à mort de perdre quelqu'un comme ça à qui on tenait énormément. Mais c'est une belle histoire parce qu'elle ne finit pas bien, elle finit avec un espoir de bien.

Le point commun (outre Little/Giant Jack) entre ces deux histoires est le thème abordé.
Mathias Malzieu semble obsédé par le changement, le fait de grandir.
Comme il le chante dans "Tais-toi mon coeur" : "Je me fabrique un coeur de pierre pour devenir un grand garçon".
Dans le premier roman, il (Mathias) grandit en assimilant le deuil. Dans le second roman, il (Little Jack) grandit en acceptant de laisser son enfance au passé.
Dans les deux cas, l'amour est la cause du changement. L'amour pour la mère, et l'amour pour Miss Acacia.

J'ai maintenant très envie de lire son tout premier livre, qui est un recueil de plein de petites histoires.

C'est tellement rare de trouver un auteur français qui a une imagination de nos jours, qu'il faut le signaler ! Alors bonne lecture !
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Publié dans 400coups

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